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Le moustique tigre arrive en Belgique
13/02/2014

Les chercheurs de l’ULg ont prévenu leurs collègues de l’Institut de médecine tropicale d’Anvers (IMT) de leur découverte. L’IMT est en effet en charge d’un programme de surveillance des moustiques exotiques. Entre août et octobre dernier, les chercheurs de l’IMT ont découvert plusieurs dizaines d’autres moustiques tigres (adultes et larves) dans le périmètre proche de l’entreprise de pneus. Et ce n’est pas tout : fin novembre, une larve vivante a été retrouvée dans le port d’Anvers dans une cargaison de pousses de bambous en provenance de Chine. Ce qui laisse entrevoir un deuxième mode de pénétration sur notre territoire. Les bambous et les trous d’arbres sont les gîtes naturels tropicaux du moustique tigre en Asie du sud-est. Les grands ports internationaux, comme Anvers, constituent évidemment une porte d’entrée idéale pour les espèces tropicales invasives.

Une invasion inquiétante ?

Mais faut-il avoir peur du moustique tigre ? Ici, en Europe, les moustiques sont tout au plus accusés de gâcher nos belles nuit d’été par des attaques persifflantes, qui laissent de désagréables démangeaisons sur le corps au petit matin. Rien de très grave. Mais dans les pays tropicaux, certains moustiques peuvent transmettre des maladies graves. Le moustique tigre est un vecteur de la dengue, du Chikungunya (voir ci-dessous) et même de la fièvre jaune. Pour l’heure, les scientifiques ne veulent pas semer la panique. « Il n’y a aucune raison de s’inquiéter au sujet de la santé publique actuellement, affirment les chercheurs de l’IMT dans un communiqué récent.  Les risques que les moustiques tigres importés soient porteurs de virus comme la dengue ou le Chikungunya sont très faibles ». De plus, il n’est pas sûr que la petite colonie actuelle soit en mesure de passer l’hiver. Les larves de cette espèce tropicale résistent mal au froid. Mais il existe bien un risque à plus long terme car l’intensification du commerce ipneus usagésnternational augmente la probabilité d’entrées d’espèces tropicales en Europe et le réchauffement climatique favorise leur implantation.

L’émergence (ou la ré-émergence) d’une maladie tropicale sous nos latitudes suppose qu’un ensemble de quatre facteurs soient réunis.

1.    Un agent pathogène, c’est-à-dire un microbe infectieux. La dengue, par exemple, est provoquée par un virus. Les symptômes apparaissent quelques jours après l’infection ; ils vont d’un syndrome fébrile bénin à de fortes fièvres accompagnées de céphalées et de douleurs musculaires et articulaires très vives. La dengue hémorragique (douleurs abdominales, vomissements, hémorragies) est une complication parfois mortelle de la maladie. La maladie sévit surtout en Asie et en Amérique latine. Il n’existe pas de traitement spécifique contre la dengue. Le Chikungunya, également causé par un virus, provoque des symptômes assez comparables : forte fièvre et douleurs articulaires. Dans la plupart des cas, les symptômes disparaissent au bout de quelques jours ou quelques semaines. Parfois, mais c’est plus rare, les douleurs articulaires peuvent persister durant des mois ou même des années. Il n’existe pas de traitement. Cette maladie est endémique en Afrique, en Asie et dans le sous-continent indien.

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