L’ONDRAF préconise le dépôt géologique
L’ONDRAF écarte aussi les possibilités de la mise en forages profonds (qui pose problème sur le long terme), de l’entreposage perpétuel (considéré comme impropre à assurer la sûreté à long terme) et d’une prolongation du statu quo actuel (qui n’est pas une solution de gestion à long terme). Elle a aussi écarté celle de l’entreposage de longue durée en attente « d’autre chose » (par exemple une évolution scientifique dans le traitement des déchets nucléaires), entre autres, car ce type d’entreposage nécessite une gestion permanente qui pourrait ne plus être assurée en cas d’évolutions sociétales. Le plan de l’ONDRAF préconise que les déchets de type B&C soient mis en dépôt géologique dans de l’argile peu induré, qui constituerait une barrière naturelle pour canaliser leur radioactivité. Concrètement, ils seraient donc enfouis à environ 200 mètres de profondeur, dans des couches d’argile, à l’image des expériences réalisées à Mol.
Etant donné l’importance des enjeux sociétaux liés à la prise de décision sur l’avenir des déchets B&C, l’ONDRAF a souhaité y associer la population par un dialogue participatif. Un nouveau rapport du laboratoire SPIRAL se penche sur la façon dont ce dialogue a été mis en œuvre. « Les consultations de la population sur la gestion des déchets B&C sont liées à l’expérience de l’ONDRAF lorsqu’il avait fallu décider du sort des déchets de type A, note Céline Parotte, assistante au département de science politique, l’une des auteurs de ce rapport réalisé en partenariat avec des chercheurs de l’Université d’Anvers. Les scientifiques avaient déterminé qu’une vingtaine de communes pouvaient être les localisations idéales pour le dépôt en surface de ces déchets moins radioactifs. L’ONDRAF avait envoyé une lettre à ces vingt communes, mais s’était heurté à un refus catégorique de leur part. L’ONDRAF avait alors entamé une concertation avec la population, en expliquant clairement ce dont il s’agit, ce qui avait permis de faire avancer le dossier. L’ONDRAF a désormais compris l’intérêt d’intégrer le citoyen dès le début de la réflexion, en impliquant aussi des sociologues et politologues. C’est ce qu’il a fait avant d’adopter son plan pour la gestion des déchets B&C ».
En plus de la consultation publique légale (qui a suscité plus de 2.700 avis et observations valides), l’ONDRAF a donc consulté la population à travers huit dialogues participatifs, une conférence interdisciplinaire et une conférence citoyenne en 2009. « L’appel aux dialogues participatifs avec les citoyens avait été lancé notamment via les médias, explique Céline Parotte. Chacun pouvait venir à Bruxelles durant une journée discuter du sort des déchets radioactifs avec les spécialistes. Le faible taux de participation à ces dialogues participatifs a poussé l’ONDRAF à organiser une conférence citoyenne :
31 citoyens représentatifs de la population se réunissaient durant trois week-ends, les deux premiers consacrés à une information sur le sujet, le troisième à une confrontation avec des experts. La mise en œuvre de la conférence citoyenne avait été confiée à un organisme indépendant, qui avait déjà l’expérience de ce genre d’activité (la Fondation Roi Baudouin). La réflexion de ce panel de 31 citoyens était beaucoup plus aboutie que celles des dialogues participatifs puisque ceux-ci ne duraient qu’une journée ».