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Les produits phytopharmaceutiques, anges ou démons?
Au printemps dernier, le législateur français a reconnu la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle chez les exploitants et ouvriers agricoles, utilisateurs réguliers de pesticides. Combien de recherches scientifiques probantes, combien de procédures judiciaires perdues, combien de cris d’alarme peu écoutés sur les organophosphorés aura-t-il fallu pour en arriver à cette reconnaissance ? Chez nous, les débats de l’Hexagone ne semblent pas créer un émoi particulier dans le monde agricole. Confiants dans les codes de bonnes pratiques et dans le système d’agréation commerciale des produits, les agriculteurs et leurs organisations professionnelles sont prompts à rappeler – à juste titre – que l’usage de pesticides est aussi le fait des particuliers et des jardiniers du dimanche qui, parfois, n’y vont pas de main morte, par insouciance, désinvolture, ou défaut d’information. Voilà pourquoi, sans doute, commencent à se multiplier en Wallonie « les communes sans pesticides ». De même que pointent à l’horizon politique diverses initiatives réglementaires. Dans deux ans, normalement les particuliers ne pourront plus se procurer des pesticides à usage professionnel. À défaut d’une interdiction pure et simple de la publicité pour ce type de produits, un système de double homologation des commerçants devrait barrer la route à cet usage trop aisé. Cette restriction n’est que l’une des mesures du Programme fédéral de réduction des pesticides 2013-2017, actuellement soumis à consultation publique (www.prpb.be). D’autres mesures, régionales, devraient suivre plus tard encore (2017, 2019 …), comme l’amélioration du contrôle des épandages à proximité des zones d’habitat et des lieux sensibles (écoles, crèches, zones imperméabilisées, etc.). Les zones traitées seront également mieux signalées au public. D’ici à ces échéances relativement lointaines, la recherche aura produit de nouvelles études et la connaissance des liens entre la chimie et la biologie aura à nouveau progressé. Mais parallèlement, les plantes indésirables et les ravageurs auront, de leur côté, probablement renforcé leur résistance aux pesticides. Dans nos régions, à l’heure actuelle, plus d’une plante adventice sur deux est déjà capable de leur tenir têt Par Philippe Lamotte |
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