De quelles couleurs sont nos villes ?
07/04/16

Des variations individuelles à une couleur moyenne

La quarantaine de façades photographiées dans la rue des Anglais est un exemple concret de ce que cette méthode permet d’obtenir. Une palette de couleurs dont la quantification permet de redistribuer en autant de points dans l’espace colorimétrique HSL. « En définitive, nous avions récolté dans dix-huit quartiers différents 2000 « individus » qui se retrouvaient tous éparpillés dans ce grand cylindre, et qui permettaient déjà de dégager quelques tendances. La distribution dans un zoning commercial, par exemple, s’éloignait de celle de la rue des Anglais pour délivrer une palette davantage tournée vers le gris. Dans le cas des cités ouvrières, où des types de construction standardisées aux réglementations contraignantes se répètent, nous observions des dominances de rouge brun ou de jaune canari. »

Avec cette récolte caractérisant chacune des 2000 façades par une seule couleur, l’étude franchissait un premier palier dans cette approche chiffrée de la couleur des villes. Chaque point avait une valeur qui permettait de caractériser ces dix-huit quartiers répartis en quatre aires urbaines et déjà esquisser certaines tendances. La deuxième étape devait convoquer des outils statistiques pour rassembler ces 2000 individus répartis en échantillons (quartiers) en fonction de caractéristiques communes. « Simplement, il s’agissait de créer de manière arbitraire quatre grands types colorimétriques. Une discipline qui s’inscrit dans un autre héritage très répandu en architecture, la typologie, qui vise à classer les bâtiments par catégorie. Encore une fois, la typologie se base historiquement sur la forme, là où nous avons appliqué ces méthodologies à la couleur. » 

Quatre couleurs génériques, synthétiques, qui devaient donc désigner les grandes tendances déclinées dans les différents quartiers de la ville de Liège. « Pour cela, nous avons donc regroupé à l’aide d’un algorithme de partitionnement les 2000 points présents dans l’espace en quatre ensembles, en tenant compte de leur proximité spatiale dans le cylindre. Nous avons ensuite attribué à chacun de ces ensembles un point au centre de tous les individus du groupe, nommé centroïde, qui correspond à des coordonnées colorimétriques HSL, à une couleur générique, un type pour un ensemble de façades partageant des similitudes au niveau de la couleur. »

Rue des Anglais

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