Le plastique biobasé, une fausse bonne idée ?
17/03/16

Le sujet a suscité son lot de polémiques, les avis n’étant pas unanimes quant à une responsabilité avérée dans la déforestation. Reste que sans cet aspect, la canne à sucre est de loin le meilleur élève. Du coup, cela serait-il pertinent d’importer cette matière première pour fabriquer notre bioplastique ? « Tout dépend du mode de transport, répond la chercheuse. On pourrait imaginer une importation par bateau entre Rio et Anvers, mais alors des granulés ou du plastique en tant que tel, sinon on transporterait beaucoup d’eau, donc la cargaison serait plus lourde et génèrerait plus d’émissions. Si toutes ces conditions étaient réunies (et pour autant qu’il n’y ait pas d’impact dû à la déforestation), alors cela pourrait être neutre niveau CO2. Encore faudrait-il tenir compte du coût et de l’aspect social ». Pas sûr que produire à l’autre bout du monde soit bénéfique pour l’emploi sous nos contrées. Pas sûr, non plus, qu’au Brésil ou dans d’autres pays en voie de développement, les travailleurs des champs de canne à sucre soient traités de manière optimale.  « Il existe des analyses du cycle de vie durable, mais les critères sont encore en développement. On peut mettre en évidence des "hotspots", du style : autorise-t-on le travail des enfants ? La sécurité sociale existe-t-elle ? Combien d’heures sont prestées par jour ?... Mais où met-on la limite entre ce qui est acceptable ou non ? Le point de vue est subjectif ».

Procéder à une analyse de cycle de vie, c’est finalement un peu comme tirer sur le fil d’une pelote de laine. On sait par quel bout cela commence, mais on ne sait pas quand le déroulement se termine. Puis des nœuds peuvent apparaître et compliquer l’opération. Mais pour parvenir à tricoter un monde plus vert, il faut bien passer par là !

ETAPES PEHD

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