Régénérer des cellules de l’oreille interne
18/06/15

La protéine Ephrin-B2, acteur clé de l’identité cellulaire dans l’oreille interne

Cellules ciliees oreilles interneLes recherches de Jean Defourny et Brigitte Malgrange ont débouché sur une découverte prometteuse. Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue Nature Communications (1). « Nous avons identifié une voie de signalisation impliquant la protéine Ephrin-B2 et son récepteur spécifique EphA4. Ceux-ci jouent un rôle très important dans le maintien de l’identité des cellules au sein de l’organe de Corti », révèle Brigitte Malgrange. Les scientifiques ont eu recours à diverses méthodes et expériences avec des souris knockout chez lesquelles le gène codant pour la protéine Ephrin-B2 était invalidé, avec des inhibiteurs solubles de la protéine ou encore avec des ARN interférents.  « La protéine Ephrin-B2 n’est présente que dans les cellules de soutien, pas dans les cellules ciliées. Lorsqu’on inhibe l’expression du gène codant pour cette protéine ou la fonction de celle-ci, les cellules de soutien se différencient en cellules ciliées », explique la chercheuse. Cette découverte d’intérêt majeur permet donc d’induire de nouvelles cellules ciliées directement au bon endroit au niveau de l’oreille interne. Si les chercheurs liégeois semblent être sur la bonne voie pour faire face à la surdité de perception liée à la perte de cellules ciliées, d’autres étapes sont encore nécessaires pour en arriver là. « Nous devons maintenant vérifier que ces cellules ciliées nouvellement générées se connectent correctement aux neurones sensoriels de l’oreille interne. Ce n’est qu’à cette condition que le son pourra être transmis au cerveau », précise Brigitte Malgrange. Ces travaux de recherche sont actuellement en cours au GIGA-Neurosciences.

Un petit pas vers une alternative aux appareils auditifs

Actuellement, aucune intervention médicale ne permet de résoudre les problèmes de surdité de perception. « La seule chose que l’on peut envisager ce sont les appareils auditifs, mais seulement dans le cas où il y a une audition résiduelle » explique Brigitte Malgrange. Les appareils auditifs externes permettent d’amplifier le son qui arrive jusqu’à l’oreille. Les implants cochléaires quant à eux sont utilisés en cas de surdité profonde, lorsque l’oreille interne du patient n’est plus capable d’analyser le son qui lui parvient.  Les implants cochléaires font ce travail à la place de la cochlée et stimulent les neurones résiduels.
La piste de la régénération de cellules ciliées que suit l ‘équipe de Brigitte Malgrange est donc très novatrice et prometteuse au vu des résultats obtenus récemment par les chercheurs. Il faut encore laisser le temps à la science pour espérer aboutir un jour à une application médicale de cette découverte.

(1) Jean Defourny, Susana Mateo Sánchez, Lies Schoonaert, Wim Robberecht, Alice Davy, Laurent Nguyen & Brigitte Malgrange. Cochlear supporting cell transdifferentiation and integration into hair cell layers by inhibition of ephrin-B2 signalling. Nature Communications, 2015-04-29 , DOI: 10.1038/ncomms8017

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