Vers un nouveau traitement de la thrombose artérielle
25/02/15

schéma DUSP3Une partie de la recherche publiée dans Circulation a été réalisée aux Etats-Unis, en collaboration avec l’équipe du Dr Lutz Tautz, au Sanford Burnham Institute de San Diego, où Souad Rahmouni a réalisé un post-doctorat sur les protéines de la famille des phosphatases. Le Burnham Institute possède un important centre de screening moléculaire, où il n’est pas déraisonnable de rechercher une aiguille dans une botte de foin, en l’occurrence une molécule synthétique, parmi des centaines de milliers d’autres, qui se révélerait être un « agent bloquant » de l’activité enzymatique de la protéine DUSP-3, c’est-à-dire une molécule dont la forme particulière reconnaît DUSP-3 et l’empêche de remplir sa fonction. Ce sont des robots très puissants du Sanford-Burnham Institute qui exécutent ce travail de screening, qui a porté sur pas moins de 300.000 molécules !

Grâce à ce screening, l’équipe du Dr Tautz a isolé une petite dizaine de molécules inhibitrices de la protéine DUSP-3. Ces molécules ont été testées à Liège sur des plaquettes isolées à partir de sang humain (tests réalisés ex vivo) afin de vérifier l’impact sur l’activation et l’agrégation des plaquettes. Le dialogue entre Liège et San Diego a duré près de deux ans pour aboutir finalement au design d’une molécule qui reproduit le même effet que la suppression génétique de la protéine DUSP-3, à savoir une inhibition de l’activité plaquettaire. L’étude a aussi montré la spécificité de l’action de la molécule. La famille des phosphatases contient en effet des dizaines de protéines, mais l’action de cette molécule est très ciblée. Elle touche essentiellement DUSP-3, ce qui est de bon augure pour l’étape suivante de la recherche : l’étude de toxicité sur l’animal. Elle est cours au Sanford-Burnham Institute.

Si cette étude est concluante, les chercheurs vérifieront l’efficacité de la molécule sur des souris vivantes. Comme pour les souris KO, il s’agira de mesurer l’impact sur l’activité des plaquettes ainsi que la résistance aux thromboses des souris traitées, par comparaison à des souris normales.

La recherche clinique, sur l’être humain, ne pourra démarrer que si les résultats sur l’animal sont concluants. Le parcours est  encore semé d’embuches. Un éventuel nouveau traitement contre la thrombose sanguine pourrait être au bout du chemin, mais pas avant plusieurs années.

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