Vers un nouveau traitement de la thrombose artérielle
25/02/15

Les maladies cardio-vasculaires sont la principale cause de mortalité dans les pays développés, devant le cancer. Les AVC, les infarctus du myocarde ou les embolies pulmonaires sont causés par les thromboses de la circulation sanguine, des bouchons qui obstruent les vaisseaux. Des chercheuses de l’Université de Liège (GIGA), en collaboration avec un laboratoire américain, sont sur la piste d’un nouveau traitement. Ils viennent de publier leurs résultats dans la revue Circulation, le journal de l’American Heart Association (1).
Les chercheuses du GIGA ont identifié une protéine, appelée DUSP-3, produite à l’intérieur des plaquettes sanguines, et qui aurait un rôle stimulateur de l’activité plaquettaire, à l’origine de la formation des caillots. Si on trouve un moyen pharmacologique pour empêcher la production de cette protéine ou supprimer son activité, on aura donc peut-être découvert un nouveau médicament anti-thrombotique.

thrombosesIntuitivement, le phénomène de la thrombose sanguine est facile à comprendre : un bouchon se forme dans une artère ou une veine, qui empêche le sang de circuler. C’est comme un accident sur l’autoroute des vacances : trois bandes obstruées,  et des centaines de voitures à l’arrêt. Lorsqu’un bouchon se forme quelque part dans l’appareil circulatoire, les dégâts seront plus ou moins importants selon qu’il bloque une autoroute irriguant tout le pays ou une petite route de campagne en cul de sac.

Nous avons sans doute tous en permanence, sans symptôme, des petits bouchons qui se forment dans des coins reculés de notre circulation sanguine, et puis qui sautent spontanément, sans aucune conséquence dommageable pour notre santé. Mais il arrive que ces bouchons soient plus problématiques, par exemple lorsqu’ils se forment dans la circulation veineuse des jambes et qu’ils entraînent ce qu’on appelle « une phlébite ». Dans la moitié des cas, la phlébite est asymptomatique. Dans l’autre moitié, elle se traduit par des douleurs, une rougeur, voire un gonflement de la jambe atteinte. L’embolie pulmonaire est une complication possible de la phlébite, lorsque le caillot de sang est relâché dans la circulation et qu’il migre vers le cœur et la circulation pulmonaire. Cela peut se traduire par un essoufflement inhabituel, des douleurs thoraciques, des palpitations… L’embolie pulmonaire peut être mortelle. Les facteurs de risque de la phlébite peuvent être momentanés : une longue immobilisation, une intervention chirurgicale orthopédique, un voyage en avion, une grossesse… Ou permanents : le vieillissement, l’obésité, l’insuffisance cardiaque, le cancer, etc.

La thrombose artérielle la plus fréquente est celle qui touche les artères coronaires, à l’origine de l’infarctus du myocarde. Si la thrombose atteint une artère qui irrigue le cerveau, elle peut provoquer un accident vasculaire cérébral (AVC), c’est-à-dire un arrêt brutal de l’irrigation d’une partie du cerveau. Privées d’oxygène, les cellules nerveuses meurent. L’AVC est parfois mortel ou peut entraîner des séquelles graves : état végétatif, handicap moteur et cognitif, etc.

Bien entendu, la thrombose artérielle n’apparaît pas du jour au lendemain. Le bouchon se forme d’autant plus facilement dans une artère dont le diamètre (la lumière) est rétréci par l’athérosclérose, c’est-à-dire l’accumulation sur la paroi interne du vaisseau de plaques d’athérome riches en cholestérol. L’athérosclérose est favorisée par le vieillissement, l’hypertension, le mauvais cholestérol, le diabète, le tabagisme, l’alcool…

(1) Dual-specificity Phsophatase 3 Deficiency or Inhibition Limits Platelet Activation and Arterial Thrombosis.

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