Un effet contre les thromboses
25/08/14

« Nous avons pu observer que lorsqu’on invalide l’expression de PAI-1, 16K-PRL perd ses effets antiangiogènes et antitumoraux, ce qui prouve que l’action de 16K-PRL s’effectue par l’entremise de PAI-1», révèle Ingrid Struman. Ces résultats font l’objet d’une publication dans la revue Nature Medicine(1). Mais, au-delà de la découverte du médiateur des effets connus du 16K-PRL, cette étude a permis aux chercheurs de mettre le doigt sur une autre fonction, restée jusqu’ici totalement inconnue, du fragment 16K-PRL ! « Le fait d’avoir identifié PAI-1 comme protéine qui lie le fragment 16K-PRL a ouvert une toute nouvelle porte sur la fibrinolyse », explique la scientifique.

Double fonction prolactine 16K 1

Une nouvelle porte ouverte sur les fonctions de 16K-PRL

Comme mentionné plus haut et pour rappel, PAI-1 inhibe t-PA afin de mettre fin au processus de fibrinolyse et donc à la dissolution des caillots sanguins formés lors de la coagulation. Au vu du rôle de PAI-1 dans ce processus et de sa capacité à lier 16K-PRL, les chercheurs liégeois ont trouvé judicieux de creuser la piste d’une éventuelle fonction de ce fragment de prolactine dans la fibrinolyse. « C’est quelque chose qui n’avait jamais été exploré avant puisqu’on ne soupçonnait pas du tout le lien entre PAI-1 et 16K-PRL », continue la chercheuse. Les tests réalisés avec des souris modèles pour la thrombose ont abondé dans ce sens. « Quand on travaille sur des souris chez lesquelles on a induit un caillot sanguin et qu’on les traite avec 16K-PRL, on observe que le caillot disparaît beaucoup plus rapidement », explique Ingrid Struman. « Le fragment 16K-PRL inhibe la protéine PAI-1 et de ce fait permet à t-PA d’avoir une meilleure activité de dissolution des caillots sanguins », poursuit la scientifique. Cette découverte est très intéressante puisqu’aucun inhibiteur de PAI-1 n’était connu jusqu’ici…

Lancée dans cette voie, l’équipe d’Ingrid Struman a voulu connaître plus précisément quelles régions du fragment de prolactine 16k-PRL sont responsables de l’inhibition de PAI-1. « Nous avons travaillé avec de plus petits peptides issus de ce fragment et nous avons identifié des régions intéressantes. Un brevet a été déposé suite à ce travail », indique la chercheuse. A moyen ou long terme selon les résultats des tests d’efficacité et de toxicité de ces peptides,  ceux-ci pourraient être utilisés dans le traitement des thromboses.

(1) Khalid Bajou, Stephanie Herkenne, Victor L Thijssen, Salvino D'Amico, Ngoc-Quynh-Nhu Nguyen, Ann Bouché, Sébastien Tabruyn, Mohammed Srahna, Jean-Yves Carabin, Olivier Nivelles, Cécile Paques, Ivo Cornelissen, Michelle Lion,  Agnès Noel, Ann Gils, Stefan Vinckier, Paul J Declerck, Arjan W Griffioen, Mieke Dewerchin, Joseph A Martial, Peter Carmeliet & Ingrid Struman. PAI-1 mediates the antiangiogenic and profibrinolytic effects of 16K prolactin. Nature Medicine (2014) doi:10.1038/nm.3552

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