La toxicité des venins contrée par les anticorps allergiques
10/12/13

Ces cellules du système immunitaire sont présentes à de nombreux endroits de l’organisme tels que la peau, le système digestif et les voies aériennes. « Si la personne allergique est à nouveau en contact avec le même allergène, les mastocytes  libèrent une série de médiateurs comme l’histamine et les prostaglandines qui sont responsables des symptômes allergiques », reprend le chercheur.  Si les mécanismes liés aux réactions allergiques sont bien étudiés et connus, une question fondamentale reste sans réponse : pourquoi ce type de réaction – et plus précisément la production d’IgE – a-t-il été conservé au cours de l’évolution ? « Cela reste un mystère que ces anticorps qui nous rendent malades et peuvent même provoquer la mort dans des cas extrêmes se soient maintenus au fil de l’évolution », souligne Thomas Marichal.

Protection IgE
Zoom sur les allergies aux venins

Thomas Marichal a réalisé sa thèse de doctorat au sein de l’équipe de Fabrice Bureau dans l’Unité de recherche de Physiologie cellulaire et moléculaire au GIGA. « Notre objectif était de comprendre quels sont les éléments initiateurs d’une réaction de type 2 », explique le jeune chercheur. « Et nous avons fait une découverte majeure puisque nous avons montré que des dommages tissulaires étaient à l'origine de la libération de signaux de danger ensuite détectés par le système immunitaire comme puissants déclencheurs de réponse de type 2 », révèle Thomas Marichal. C’est suite à cette découverte, et dans le cadre de son séjour à l’Université de Stanford que le scientifique s’est intéressé à l’effet de certains venins, notamment celui d’abeille et d’une espèce de vipère. « Nous savons que le venin peut induire une réponse toxique dommageable pour nos tissus et ils peuvent également provoquer une réaction allergique, comme c'est le cas chez les personnes allergiques aux abeilles par exemple », poursuit le chercheur. Comme pour tout autre allergène, une personne qui a développé des IgE contre le venin d’abeille suite à une première piqûre peut être sujette à une réaction allergique néfaste en cas d’une nouvelle piqûre. « Nous avons tenté de reproduire cela avec des animaux de laboratoire auxquels nous avons injecté des doses physiologiques de venin », indique Thomas Marichal. « Nous avons observé que les souris supportaient assez bien ce premier contact avec le venin mais que celui-ci causait effectivement un dommage tissulaire, une réponse Th2 ainsi que la production d’IgE chez la plupart d’entre elles », poursuit-il. Les scientifiques ont ensuite à nouveau exposé les souris ayant développé des IgE à une dose de venin d’abeille et s’attendaient à ce que les rongeurs développent une réaction allergique à celui-ci. Surprise : ces animaux étaient en meilleure santé que ceux qui n’avaient pas développé d’anticorps contre le venin. « Ils avaient une moindre baisse de température et survivaient mieux à de plus fortes doses de venin », précise Thomas Marichal. Dans ce cas-ci, les réponses Th2 semblent donc avoir eu un effet protecteur contre le venin d’abeille plutôt qu’un effet délétère comme dans le cas des allergies.

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