A la recherche de marqueurs biologiques et radiologiques de l’instabilité des anévrismes
04/12/13

À la recherche de marqueurs circulant dans le sang

Dans le cadre d’une nouvelle étude récemment publiée dans the Journal of Nuclear Medicine (1), Natzi Sakalihasan, Roland Hustinx et Alain Colige se sont intéressés aux cellules et molécules associées aux zones de forte activité métabolique des anévrismes de l’aorte abdominale. L’objectif de ces travaux était d’identifier des biomarqueurs circulants qui traduiraient la présence d’un anévrisme instable. « Pour la présente étude, explique Alain Colige, nous avons eu l’occasion de comparer des échantillons humains issus de patients dont le PET-CT était négatif ou positif. Chez ces derniers, nous avons analysé les composants de la paroi aortique à la fois au niveau de zones de forte activité métabolique et au niveau de zones plus calmes ». Travailler sur ces différents types d’échantillon devait permettre aux chercheurs de mettre le doigt sur les cellules et molécules qui sont susceptibles de causer la rupture de l’anévrisme.

Audrey Courtois et Betty Nusgens, respectivement doctorante et collaboratrice au LBTC, ont ainsi analysé la variation d’abondance d’ARNs messagers afin de déterminer s’il y avait une corrélation entre les résultats obtenus par la technique d’imagerie (PET-CT) et la présence de molécules spécifiques dans les échantillons de parois aortique prélevés au niveau des zones à forte activité métabolique de l’anévrisme. « Nous voulions voir si certaines molécules sont davantage exprimées dans ces zones et si leur présence peut servir de marqueur de la dangerosité de l’anévrisme», reprend Alain Colige.
L’analyse des échantillons a ainsi permis aux chercheurs de confirmer la présence de gros infiltrats de cellules inflammatoires là où l’activité métabolique était particulièrement élevée, mais aussi d’identifier les enzymes produites par ces cellules et responsables de la dégradation de la paroi aortique. 

Bientôt un dépistage systématique à Liège

Les analyses de l’équipe d’Alain Colige ont aussi montré que l’expression de certains gènes liés au remodelage et à l’entretien de la paroi aortique est différente dans les zones à forte activité métabolique de l’anévrisme. De plus, des changements au niveau de la structure et composition de la paroi du vaisseau sanguin ont été mis au jour. « Dans ces zones, il y a  par exemple une perte de cellules musculaires lisses, responsables de l’activité mécanique du vaisseau sanguin.  Par ailleurs, une partie du collagène présent dans cette zone n’est pas typique des parois vasculaires mais plutôt des cartilages ! », soulignent les chercheurs. Si la signification exacte de ces changements reste inconnue aujourd’hui, les auteurs de cette étude soupçonnent fortement qu’ils participent à fragiliser la paroi aortique avant la rupture.

Illustration anevrisme aorteEn ce qui concerne les marqueurs de dangerosité des anévrismes de l’aorte abdominale, les scientifiques ont mis le doigt sur des candidats potentiels. Ces travaux feront l’objet d’une prochaine publication…

En parallèle à ces travaux de recherche, le Professeur Natzi Sakalihasan lancera prochainement une campagne de dépistage systématique de l’AAA à l’échelle de la population liégeoise avec la collaboration du Service de chirurgie Cardio-vasculaire du CHU de Liège et l’Aneurysmal Pathology Foundation (APF) qui supporte le coût de cette initiative. À cet effet, une équipe médicale itinérante parcourra bientôt les communes de la Province de Liège.

(1) Audrey Courtois, Betty V. Nusgens, Roland Hustinx, Gauthier Namur, Pierre Gomez, Joan Somja, Jean-Olivier Defraigne, Philippe Delvenne, Jean-Baptiste Michel, Alain C. Colige and Natzi Sakalihasan.18F-FDG Uptake Assessed by PET/CT in Abdominal Aortic Aneurysms Is Associated with Cellular and Molecular Alterations Prefacing Wall Deterioration and Rupture. J Nucl Med. 2013 Oct;54(10):1740-1747. Epub 2013 Sep 5.

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